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Belfort en un week-end : histoire, culture et grand air

Une citadelle posée sur son rocher, un lion de grès long de 22 mètres, une vieille ville remodelée par Vauban et, dans les environs, des étangs et le Ballon d’Alsace : Belfort se prête bien à un week-end. Repères historiques, état des musées à l’automne 2026 et programme modulable selon la saison.

Arbres aux feuillages orangés devant des immeubles anciens à Belfort
Belfort à l’automne Photo : Thomas Würth / Licence Unsplash

Le centre : une vieille ville à parcourir à pied

Le plus simple est de commencer par l’office de tourisme, 2 place de l’Arsenal. C’est le point de départ du circuit Vauban, une boucle facile de 2,4 km, comptée pour une heure environ, qui relie la vieille ville et la ville neuve. Un audioguide gratuit est disponible sur l’application Izi Travel.

La porte de Brisach donne le ton. Cette porte royale, construite par Vauban en 1687, arbore toujours l’emblème solaire de Louis XIV et sa devise, « Nec pluribus impar ». Au cœur de la vieille ville, la place d’Armes réunit l’essentiel du décor civil et religieux : la cathédrale Saint-Christophe, datée de 1727, dont l’orgue monumental est classé ; l’hôtel de ville de 1724, ancien hôtel particulier de François Noblat ; le kiosque et la statue « Quand même » d’Antonin Mercié, de 1882.

Dans la ville neuve, la place de la République rassemble la préfecture, le palais de justice et la salle des fêtes. Le monument des Trois Sièges, érigé en 1912, y honore trois défenseurs de la ville au XIXe siècle : Legrand, Lecourbe et Denfert-Rochereau.

La ville compte une vingtaine de parcs, jardins et squares, dont le square Émile-Lechten et le square du Souvenir, au bord de la Savoureuse. Et plus d’une centaine de lions se cachent dans ses rues, que l’office de tourisme invite à débusquer au fil d’un « safari ». Le premier dimanche matin de chaque mois, de mars à décembre, le marché aux puces réunit près de 150 exposants dans la vieille ville.

Le Lion, une sculpture adossée à la falaise

Sous la citadelle, le Lion de Belfort occupe une place que Bartholdi a choisie avec soin. En décembre 1871, le conseil municipal décide d’élever un monument aux victimes du siège. Au début de 1872, n’ayant reçu que deux propositions, le maire Édouard Meny s’adresse directement au sculpteur alsacien. Celui-ci pense d’abord à la place d’Armes, écarte le pré Gaspard, qu’il juge trop isolé, puis retient la roche qui domine la ville : le monument doit être bien visible et faire corps avec Belfort.

Le lion est érigé entre 1875 et 1880. Il mesure 22 mètres de long et 11 mètres de haut, bien loin du premier projet, un lion de quatre mètres sur un piédestal d’environ cinq mètres, prévu en pierre blanche. Bartholdi lui préfère finalement le grès rouge des Vosges, pour l’harmonie des couleurs. Les blocs ont été travaillés un à un, puis assemblés sous la citadelle, et la roche a été taillée à l’arrière pour que l’animal se détache de la paroi. Couché, il tourne symboliquement le dos à l’est et regarde l’ouest et le sud, une patte posée sur une flèche qu’il vient d’arrêter.

Le sens du monument tient au siège de 1870-1871. D’après les Musées de Belfort, la ville est investie à partir du 3 novembre 1870 ; le colonel Denfert-Rochereau refuse de capituler, et la place tient 103 jours, dont 73 sous les bombardements, avant d’être remise aux Prussiens en février 1871 sur ordre du gouvernement français. Occupée jusqu’en 1873, Belfort reste française, contrairement aux villes alsaciennes voisines. Bartholdi ne voulait rappeler ni une victoire ni une défaite, mais la fermeté de la défense. Une réduction du lion orne la place Denfert-Rochereau, à Paris.

Les conditions d’accès à la terrasse du Lion figurent sur la page du Lion du site des musées. En 2020, la citadelle et la terrasse du Lion ont reçu le titre de « Monument préféré des Français ».

Grande sculpture d’un lion couché en grès rose, adossée à une falaise calcaire, sous les murs de la citadelle.
Le Lion de Bartholdi, érigé entre 1875 et 1880 en grès rouge des Vosges, sous la citadelle de Belfort (septembre 2014). Photo : Thomas Bresson / CC BY 3.0
Caserne en pierre rose au sommet d’un rocher, remparts herbeux en contrebas et lion sculpté sur une terrasse, sous un ciel bleu.
La citadelle de Belfort sur son rocher, avec la caserne au sommet et le Lion sur sa terrasse (septembre 2011). Photo : Thomas Bresson / CC BY 3.0

La citadelle, huit siècles sur un rocher

La citadelle résume l’histoire militaire de la ville. Un château y est mentionné pour la première fois en 1226. Le site devient forteresse à partir de 1640, sous Louis XIII, et la ville est rattachée à la France en 1648, après les traités de Westphalie. Vauban intervient à Belfort dès 1675 ; ses grands travaux sur le château et l’enceinte s’étendent de 1687 à 1703, avec de derniers aménagements jusqu’en 1705. Après les sièges de 1813 et de 1815, le général Haxo remanie entièrement la citadelle entre 1818 et 1826. La Ville n’en est propriétaire que depuis 1962.

Le parcours découverte, inauguré en juillet 2007, démarre au niveau du deuxième fossé et entraîne dans l’épaisseur des remparts. Le Grand Souterrain correspond à l’ancienne enceinte intérieure médiévale, couverte en 1749 en raison de sa vétusté : il pouvait abriter plus de 1 000 hommes et était chauffé par dix grandes cheminées. Belfort Tourisme l’indique en accès libre d’avril à octobre. Tout en haut, la terrasse panoramique offre une vue à 360° sur la forteresse, la ville et les forts qui l’entourent.

On y monte à pied en prolongeant le circuit Vauban, comme le suggère l’office de tourisme, ou avec le train touristique, qui circule d’avril à octobre au départ du parking de l’Arsenal et marque l’arrêt dans la cour d’honneur ; la boucle dure environ une heure. L’été, le programme « Un été sous les murailles » anime les lieux : plus de 70 rendez-vous en 2026.

Les musées : ce qui est ouvert, ce qui se prépare

À l’automne 2026, l’offre muséale se concentre dans la citadelle. Le Musée d’Histoire, créé en 1968 grâce à la donation de Pierre Boigeol, occupe l’ancienne caserne et se divise en trois espaces. L’archéologie retrace la présence humaine de la préhistoire au Moyen Âge, avec une période gallo-romaine bien représentée. La partie historique suit la ville depuis 1226 jusqu’au siège de 1870-1871 ; des effets personnels du colonel Denfert-Rochereau y sont présentés. Six salles, aménagées de façon permanente en 2011, sont consacrées à Bartholdi, avec des études et documents sur le Lion.

Le musée d’Art moderne – donation Maurice-Jardot, rebaptisé Musée d’Art de Belfort, est en revanche fermé pour travaux : le site des Musées de Belfort annonce sa réouverture au printemps 2027 (information vérifiée le 17 octobre 2026). La collection mérite qu’on la guette. Historien de l’art, conservateur général du patrimoine, puis directeur artistique de la galerie Louise Leiris à Paris, Maurice Jardot a offert à la Ville, le 13 septembre 1997, 112 œuvres réunies en une quarantaine d’années, dont des pièces de Braque, Chagall, Juan Gris, Henri Laurens, Fernand Léger, Le Corbusier, André Masson ou Picasso, entre autres. Présentée depuis 1999 dans l’ancienne maison de la famille du poète Léon Deubel, la donation sera rejointe par les collections beaux-arts dans une extension dessinée par l’architecte Adelfo Scaranello, sur près de 1 000 m².

Deux autres lieux sont signalés fermés sur le site des musées : la Tour 41, bastion bâti entre 1687 et 1698 qui abritait le musée des Beaux-Arts, et la Tour 46, espace d’expositions temporaires. Avant de partir, mieux vaut consulter les horaires et tarifs en ligne.

Un programme modulable sur deux jours

Premier jour : la ville fortifiée

Belfort Tourisme suggère de consacrer la matinée à la citadelle : cour d’honneur, terrasse panoramique, Musée d’Histoire, puis terrasse du Lion. L’après-midi se passe dans la vieille ville, autour de la porte de Brisach et des places, avant un apéritif place d’Armes et un dîner place de l’Étuve. Par temps incertain, le Musée d’Histoire et, d’avril à octobre, le Grand Souterrain offrent des haltes à couvert.

Second jour : le grand air

Sans quitter la ville, la randonnée des Hauts de Belfort parcourt près de 7 km (6,8 km et 150 m de dénivelé positif, niveau moyen) le long des fortifications, par les forts de la Justice et de la Miotte, avec des vues sur la cité et les Vosges ; l’office de tourisme compte environ 2 h 30.

Au nord, le site du Malsaucy s’organise autour d’un étang de 55 hectares, le plus grand plan d’eau du département, bordé de sentiers et d’observatoires à oiseaux. Une boucle VTT facile y mène depuis l’étang des Forges par une piste cyclable goudronnée qui traverse Valdoie. Balades et activités saison par saison : voir notre article Le Malsaucy : découvrir le site au fil des saisons.

Plus haut, le Ballon d’Alsace culmine à 1 247 mètres. Sa zone sommitale marque la limite entre le Territoire de Belfort, les Vosges et le Haut-Rhin : en montant au sommet, on sort donc en partie de la Franche-Comté, vers la Lorraine et l’Alsace. L’été, les GR 5, GR 59 et GR 7 s’y prêtent à la randonnée ; l’hiver, le domaine compte 12 pistes de ski alpin et 22 km de pistes de fond tracées, sous réserve d’enneigement.

Selon la saison

Le train touristique et l’accès libre au Grand Souterrain vont d’avril à octobre ; le marché aux puces revient chaque premier dimanche de mars à décembre ; le week-end de la Pentecôte, le FIMU propose quatre jours de festival gratuit ; début juillet, les Eurockéennes occupent la presqu’île du Malsaucy pendant quatre jours. D’autres idées attendent sur la page Territoire de Belfort, dans la rubrique Explorer ou avec l’outil Ce week-end, on part où ?

Questions utiles

Le musée d’Art moderne – donation Maurice Jardot est-il ouvert ?

Non. Le site des Musées de Belfort l’indique fermé pour travaux d’extension, avec une réouverture annoncée au printemps 2027 (vérifié le 17/10/2026). Le Musée d’Histoire, dans la citadelle, n’est pas signalé fermé.

Le Ballon d’Alsace est-il en Franche-Comté ?

En partie seulement. Sa zone sommitale se situe à la limite du Territoire de Belfort, des Vosges et du Haut-Rhin : le sommet déborde donc sur la Lorraine et l’Alsace, hors du périmètre franc-comtois.

Sources consultées

Horaires, tarifs et conditions d’accès évoluent : vérifiez-les auprès des sites officiels avant de partir. Une erreur ? Signalez-la à la rédaction.