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Ornans et la vallée de la Loue : préparer sa visite

À Ornans, la Loue traverse la ville sous des façades suspendues au-dessus de l’eau, et le souvenir de Gustave Courbet, né ici en 1819, guide la promenade. En amont, la vallée se resserre en gorges jusqu’à la source, à Ouhans. Voici des repères vérifiés pour organiser une journée ou un week-end, que le ciel soit clair ou chargé.

Rivière calme bordée de maisons anciennes aux toits de tuiles, un pont de pierre à arches au fond et une colline boisée sous un ciel bleu.
La Loue à Ornans, entre maisons au bord de l’eau et Grand Pont. Photo : René Hourdry / CC BY-SA 4.0

Ornans se trouve au sud de Besançon, au cœur de la vallée de la Loue, affluent du Doubs. La ville doit sa notoriété à deux choses que l’on saisit d’un même regard depuis ses ponts : des maisons comme suspendues au-dessus de la rivière, et le musée consacré à Gustave Courbet, né à Ornans en 1819. En remontant le cours d’eau, on entre dans une vallée de falaises calcaires, de belvédères et de villages, jusqu’à la résurgence de la source de la Loue. Ce guide s’adresse aux amateurs de peinture comme aux marcheurs, et propose des solutions de repli quand le ciel se gâte.

Le centre d’Ornans, au fil de l’eau

Ces façades suspendues au-dessus de la Loue ont valu à Ornans le surnom de « petite Venise comtoise », repris par la commune comme par l’office de tourisme Destination Loue Lison. Le meilleur poste d’observation reste les ponts : quatre ouvrages enjambent la rivière dans la traversée de la ville, d’où l’on profite de la vue sur les maisons au bord de l’eau. Côté pierre, la rue Saint-Laurent aligne des hôtels particuliers des XVIe et XVIIe siècles, et l’église Saint-Laurent, construite à partir de 1546, élève son clocher à 57 mètres ; elle abrite le tombeau de Pierre Perrenot, père de Nicolas Perrenot de Granvelle.

Ce décor raconte une histoire que retrace la commune. Mentionnée dès le XIe siècle avec son château, Ornans prospère au XVIe siècle grâce au commerce du sel, avant d’être ruinée par la guerre de Dix Ans ; la Comté devient française en 1678. La Loue, elle, fait tourner moulins et scieries dès le XIVe siècle, puis une dizaine de tanneries au XVIIIe siècle, avant que la métallurgie ne prenne le relais. Capitaine du château, Pierre Vernier publie en 1631 la description de l’instrument de mesure qui porte aujourd’hui son nom.

Pour prendre de la hauteur, l’office de tourisme recense deux belvédères sur la commune : celui du Château, accessible en voiture, qui offre un panorama sur toute la ville, et le Rocher d’Ully, à 506 mètres, que l’on rejoint à pied. Le premier sentier Courbet, « Ornans et l’enfant du pays », relie quant à lui treize étapes en 4 km dans la ville.

Le musée Courbet et les lieux du peintre

Le musée Courbet occupe l’hôtel Hébert, demeure du XVIe siècle reconstruite au XVIIIe et classée monument historique en 1982, où la famille Courbet vécut pendant l’enfance du peintre ; le musée y signale la chambre où il serait né. Achetée en 1971 par l’association des Amis de Gustave Courbet, la maison est cédée au Département du Doubs en 1976. Après une rénovation et une extension lancées en 2007 et confiées à l’architecte Christine Edeikins (Atelier 2/3/4), le musée est inauguré en juillet 2011 : il compte aujourd’hui plus de 1 000 m² d’exposition, au bord même de la Loue, et porte les labels Musée de France et Maison des Illustres, selon son historique officiel.

La visite gagne à se prolonger hors les murs. L’Atelier Courbet, construit en 1860 et utilisé jusqu’à l’exil du peintre en Suisse, conserve les seuls décors peints par Courbet dans son atelier d’Ornans ; il accueille expositions, résidences et un centre de documentation, en entrée libre pendant ses périodes d’ouverture. À Flagey, la Ferme Courbet, ancienne propriété de la famille paternelle bâtie au XVIIIe siècle, abrite un café littéraire et accueille deux expositions temporaires par an. Ces trois lieux composent le Pôle Courbet.

Huit itinéraires de randonnée relient enfin les paysages du peintre, du court « Ravin du Puits Noir, l’atelier en nature » (2 km) à la boucle de 14 km « La Source de la Loue et sa vallée ». Courbet a souvent puisé dans sa ville natale, rappelle la commune, d’« Un enterrement à Ornans » (1850) au « Retour des paysans de Flagey » (1851).

Bâtiments anciens aux façades claires, dont une avancée vitrée, posés sur un mur de pierre et des arches au bord de la rivière.
Le musée Courbet vu depuis la Loue, à Ornans (juillet 2026). Photo : DimiTalen / CC0
Vasque d’eau turquoise au pied d’une large grotte creusée dans une falaise calcaire, avec un muret et un garde-corps au premier plan.
La grotte d’où jaillit la source de la Loue, à Ouhans. Photo : Freak-Line-Community / CC BY-SA 3.0

Remonter la vallée jusqu’à la source

En amont d’Ornans, Doubs Tourisme cite Montgesoye, Vuillafans, Lods et Mouthier-Haute-Pierre parmi les villages qui jalonnent la Loue ; Lods, présenté comme l’un des plus beaux villages de France, possède un musée de la Vigne et du Vin. Sur la commune de Mouthier-Haute-Pierre, le point de vue du Moine de la Vallée (794 m) se gagne en voiture puis par une dizaine de minutes de marche ; le belvédère de la Roche de Hautepierre, qui culmine à 881 m sur la commune d’Hautepierre-le-Châtelet, s’atteint à pied. L’office de tourisme recense aussi le belvédère du Grand Méandre de la Loue, à Chenecey-Buillon, accessible à pied.

Entre Mouthier-Haute-Pierre et Saint-Gorgon-Main, une route taillée dans le calcaire, inaugurée le 10 août 1845, suit les gorges de Nouailles, que l’office de tourisme décrit comme un canyon. À pied, un circuit de 10 km (environ 3 heures, 473 m de dénivelé positif) part de la source de la Loue et longe ces gorges à flanc de falaise, en passant par le belvédère des Aiguillons de Brasse.

La source de la Loue elle-même, sur la commune d’Ouhans, jaillit d’une grotte large de 60 mètres et haute de 30, au pied d’une falaise de 104 mètres, au fond d’une reculée. Il s’agit d’une résurgence du Doubs, également alimentée par l’infiltration des pluies : le lien a été établi en 1901, lorsque l’incendie d’une distillerie de Pontarlier a déversé des milliers de litres d’absinthe dans le Doubs, retrouvés trois jours plus tard dans la Loue. Courbet a peint la source quatorze fois, selon l’office de tourisme. Du parking, situé à 600 mètres, un sentier goudronné conduit au site en quelques minutes ; en juillet et en août, la maison de la Source, au pied du site, présente un film sur les paysages peints par l’artiste.

Accès : venir et circuler

En car, la ligne Mobigo LR 204 relie Besançon à Pontarlier via Ornans ; l’office de tourisme indique sept liaisons quotidiennes en semaine et quatre le week-end. Les gares les plus proches sont celles de Besançon (Viotte et Besançon Franche-Comté TGV) et de Pontarlier, avec une correspondance en car, en taxi ou en covoiturage. À vélo, une voie verte d’environ 13 km suit une ancienne voie ferrée entre Ornans et L’Hôpital-du-Grosbois : 4 km goudronnés, puis 9 km de gravier.

En voiture, plusieurs parkings entourent le centre : d’après le musée Courbet, ceux de la Plante (200 places) et de l’Église (50 places) sont gratuits et sans limite de durée, celui de la Maison des Services (64 places) en zone bleue limitée à deux heures. La source de la Loue se rejoint par la route départementale 41 qui mène à Ouhans. Aucune desserte en car vers la source ou les villages de la haute vallée n’apparaît dans les sources consultées : pour cette partie du voyage, voiture, vélo ou randonnée restent les options réalistes.

Selon la météo : deux façons d’aborder la vallée

Quand il pleut

Le musée Courbet et ses expositions temporaires forment le premier abri ; il ferme le mardi. À la belle saison, l’Atelier Courbet et le musée de la Vie d’avant, qui met en scène la vie franc-comtoise entre 1850 et 1930 avec des mannequins en costumes d’époque, complètent la journée ; en 2026, ce dernier a ouvert de fin mai à mi-octobre. La source de la Loue, elle, se découvre en toute saison selon l’office de tourisme, qui précise que son débit n’est jamais très bas : une sortie qui garde tout son sens sous un ciel chargé, avec de bonnes chaussures.

Quand le temps est sec

Les beaux jours ouvrent la vallée à la marche et à la rivière. Doubs Tourisme présente le Pays Loue-Lison comme un territoire de pêche à la mouche et de canoë-kayak, avec des descentes de la Loue au départ d’Ornans, à organiser auprès des loueurs, qui renseignent sur les conditions de navigation. Les belvédères, les gorges de Nouailles et les sentiers Courbet se prêtent à la randonnée, la voie verte au vélo.

Prolonger l’escapade

Ornans se combine aisément avec Besançon, reliée par la ligne LR 204 : notre itinéraire Besançon en deux jours complète ce programme. L’office de tourisme Destination Loue Lison couvre aussi Arc-et-Senans et sa Saline royale. Pour poursuivre dans le département du Jura, notre article sur Baume-les-Messieurs ouvre une autre piste. D’autres idées attendent dans la rubrique Explorer et sur la page consacrée au Doubs.

Questions utiles

Peut-on aller à Ornans en transports en commun depuis Besançon ?

Oui : la ligne de car Mobigo LR 204 relie Besançon à Pontarlier via Ornans, avec sept liaisons quotidiennes en semaine et quatre le week-end selon l’office de tourisme Destination Loue Lison (vérifié le 17/10/2026).

Faut-il beaucoup marcher pour voir la source de la Loue ?

Non : le parking se trouve à 600 mètres de la source (Pôle Courbet) et un sentier goudronné y mène en quelques minutes (office de tourisme Destination Loue Lison, vérifié le 17/10/2026).

Sources consultées

Horaires, tarifs et conditions d’accès évoluent : vérifiez-les auprès des sites officiels avant de partir. Une erreur ? Signalez-la à la rédaction.