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Besançon en deux jours : une échappée entre ville et nature

Enserrée par une boucle du Doubs et dominée par la Citadelle de Vauban, Besançon se prête à un week-end où l’on passe sans transition des salles de musée aux chemins de ronde, des façades du quai Vauban aux sentiers des collines. Voici un itinéraire de deux jours, construit à partir des parcours de l’office de tourisme et des informations des gestionnaires de sites.

Vue plongeante sur un méandre de rivière vert sombre contournant une colline boisée, avec des bâtiments aux toits rouges au premier plan et la ville au loin.
Le Doubs vu depuis la Citadelle de Besançon. Photo : Thomas Bresson / CC BY 3.0

Peu de villes montrent leur géographie aussi franchement. À Besançon, le Doubs enserre la vieille ville dans une boucle que referme une colline : c’est sur cet éperon rocheux que Vauban, l’architecte militaire de Louis XIV, a bâti la citadelle qui domine aujourd’hui la rivière de plus de 100 mètres. Autour, l’office de tourisme dénombre sept collines verdoyantes, de Bregille à Chaudanne, et revendique plus de 200 m² d’espaces verts par habitant. Deux jours suffisent pour lire ce paysage à pied, à condition d’accepter quelques montées.

L’itinéraire : la Boucle le premier jour, Battant et les collines le second

Jour 1 : de la place de la Révolution aux remparts

L’office de tourisme a balisé une balade urbaine « au cœur de la boucle » de 4,2 km estimée à environ 2 h 15 de marche. Elle part de la place de la Révolution, passe par la Porte Noire, la cathédrale Saint-Jean, le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, la maison de Victor Hugo et le palais Granvelle, avant de monter à la Citadelle. Elle offre une colonne vertébrale simple à une première journée : les musées du centre le matin, la Citadelle l’après-midi, pour prendre son temps sur les chemins de ronde.

Un détail d’organisation compte : d’après l’office de tourisme, le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie ferme le mardi, et le musée du Temps le lundi. Un séjour le week-end évite la question ; en semaine, mieux vaut ordonner les visites en conséquence.

Jour 2 : Battant, le Doubs et les hauteurs

Sur l’autre rive, le quartier Battant, ancien quartier vigneron et ouvrier dont le tissu urbain est protégé depuis 1962, fait l’objet d’un second parcours balisé de 2,7 km. Il commence au pont Battant, ouvrage d’origine romaine maintes fois remanié, où se dresse la statue du marquis de Jouffroy d’Abbans, pionnier de la navigation à vapeur. Il passe ensuite par l’église Sainte-Madeleine, qui abrite l’automate du Jacquemart, gagne le fort Griffon, conçu par Vauban comme une seconde citadelle, la tour de la Pelote, le clos Barbisier et sa collection de roses anciennes, puis la promenade des Glacis.

L’après-midi peut basculer du côté de l’eau ou des collines : une croisière sur le Doubs, ou une marche sur les hauteurs pour retrouver, sous un autre angle, la silhouette des remparts.

Un patrimoine qui traverse deux millénaires

La Citadelle, au cœur d’un ensemble inscrit à l’UNESCO

Louis XIV conquiert la Franche-Comté en 1674 ; la citadelle de Besançon est opérationnelle dès 1684. Rachetée par la Ville en 1959, elle s’étend sur près de douze hectares et reçoit environ 270 000 visiteurs par an, selon son gestionnaire. Depuis 2008, la citadelle, l’enceinte urbaine et le fort Griffon figurent sur la Liste du patrimoine mondial au sein des Fortifications de Vauban, un bien en série qui réunit douze groupes de fortifications en France.

Sur place, trois musées labellisés Musées de France — le Musée comtois, le Muséum et le Musée de la Résistance et de la Déportation — voisinent avec la chapelle Saint-Étienne et son spectacle multimédia d’un quart d’heure, l’Espace Vauban, des galeries souterraines et environ 600 mètres de chemins de ronde, d’où l’on embrasse le méandre du Doubs et les collines. Les visites guidées durent de 45 minutes à 1 h 15, et l’application gratuite MaCitadelle propose des parcours de 45 minutes à 2 heures : entre les musées et les remparts, la visite se compte en heures plutôt qu’en minutes.

Dans la Boucle : musées, horloge et maison natale

Fondé en 1694, le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie est présenté par l’office de tourisme comme la plus ancienne collection publique de France. Rouvert après quatre ans de travaux conduits par l’agence Architectures A. Scaranello, il associe les bâtiments de Pierre Marnotte (1842) et de Louis Miquel (1970). On y découvre plus de 6 000 dessins, des collections archéologiques égyptiennes, méditerranéennes et régionales, et des peintures de la fin du XVe au XXe siècle.

Plus loin sur la Grande Rue, le palais Granvelle, demeure de la Renaissance, abrite le musée du Temps : instruments de l’observatoire de Besançon, pièces de Ferdinand Berthoud et d’Antide Janvier, et la Leroy 01, longtemps considérée comme la montre la plus compliquée du monde. Au pied de la tour, un pendule de Foucault rend visible la rotation de la Terre, avant un panorama sur les toits de la ville.

La cathédrale Saint-Jean conserve une horloge astronomique conçue et réalisée de 1858 à 1860 par l’horloger-mécanicien Auguste-Lucien Vérité : environ 30 000 pièces et 57 cadrans. Son mécanisme n’est plus en état de marche ; la visite guidée, d’une trentaine de minutes, présente ce monument en attente de restauration. Non loin, la Porte Noire, arc de triomphe romain du IIe siècle, rappelle que la ville cumule plus de 2 000 ans d’histoire. Au 140 Grande-Rue enfin, la maison natale de Victor Hugo, né ici le 26 février 1802, est ouverte au public depuis 2013 ; son parcours est consacré aux combats de l’écrivain, de la liberté d’expression aux droits des enfants.

Longue façade classique à arcades et lucarnes au bord d’un quai de pierre, reflétée dans l’eau calme de la rivière sous un ciel bleu.
Les façades du quai Vauban se reflètent dans le Doubs, à Besançon. Photo : Ludovic Péron / CC BY-SA 3.0
Arc de triomphe antique en pierre sculptée, encadré de façades anciennes, ouvrant sur une rue pavée.
La Porte Noire, arc de triomphe romain du IIe siècle, à Besançon. Photo : Wikipedro / CC BY-SA 4.0

Balades au bord de l’eau et sur les collines

La rivière se découvre d’abord depuis ses rives, des façades du quai Vauban aux abords du pont Battant, puis depuis l’eau. Les Vedettes de Besançon proposent, d’avril à début novembre selon l’office de tourisme, une croisière commentée d’environ 1 h 15 au départ du pont de la République : le bateau franchit deux écluses et emprunte le tunnel fluvial creusé sous la colline de la Citadelle, avec vue sur les remparts, la tour de la Pelote et la maison natale de Victor Hugo.

Côté verdure, l’office de tourisme met en avant le parc de Chamars, planté au XVIIIe siècle, le parc Micaud et ses arbres centenaires, ou la Gare-d’Eau, ancien port fluvial devenu lieu de loisirs. Les marcheurs endurants peuvent viser la randonnée des collines de Besançon, un parcours de 20 km pour 250 m de dénivelé. La ville est aussi traversée par l’EuroVelo 6 et par la Via Francigena (GR 145), de quoi prolonger l’échappée à vélo ou à pied.

Se déplacer : train, tram, navette et vélo

Besançon se visite sans voiture. La gare Besançon-Viotte est desservie par le tram ; la gare Besançon Franche-Comté TGV, implantée aux Auxons, au nord de la ville, est reliée à Viotte par des TER directs en une douzaine de minutes au plus rapide. Le réseau Ginko compte deux lignes de tram, en service depuis 2014, et plus de 50 lignes de bus ; cinq parkings relais sont aménagés aux portes de la ville.

Pour la Citadelle, la ligne Ginko Citadelle part du pôle Chamars et atteint le site en moins de dix minutes, tous les jours de mars à début novembre. Le Besançon PASS Tourisme, valable 24, 48 ou 72 heures, ouvre tout le réseau et inclut une entrée à la Citadelle, au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, à la maison natale de Victor Hugo et au musée du Temps. Le service Ginko VéloCité aligne quant à lui 200 vélos en libre-service, dont 100 à assistance électrique, répartis sur 32 stations.

Ginko annonce par ailleurs un nouveau réseau de tram, avec de nouvelles rames et des lignes T1 et T2 réorganisées : vérifiez les terminus sur le site du réseau avant le départ.

Une pause gourmande aux halles

Pour goûter le territoire sans quitter le centre, le marché des Beaux-Arts, au cœur du centre historique, réunit 18 commerçants selon l’office de tourisme : primeurs, poissonnerie, trois fromageries et crèmeries, boucheries, un spécialiste de la charcuterie du Haut-Doubs, des épiceries et deux restaurants. De quoi composer un pique-nique avant de monter aux remparts, ou repartir avec quelques fromages. Les jours d’ouverture n’étant pas indiqués par l’office de tourisme, mieux vaut les vérifier avant de s’y rendre. Pour aller plus loin sur le comté, notre article sur la visite d’une fruitière prend le relais.

Pour qui, et comment prolonger

Ce programme s’adresse d’abord à celles et ceux qui aiment marcher : les deux parcours balisés de l’office de tourisme totalisent près de 7 km, montée à la Citadelle comprise, et les musées offrent un repli par temps gris. Amateurs d’histoire militaire, d’horlogerie ou de peinture y trouveront chacun un fil à tirer.

Pour un troisième jour, Ornans et la vallée de la Loue, au sud de Besançon, prolongent le voyage du côté de Courbet : voir notre guide pour préparer la visite. Pour une tout autre ambiance, regardez vers la Haute-Saône et le plateau des Mille Étangs. D’autres idées attendent dans la rubrique Explorer et sur la page consacrée au Doubs.

Questions utiles

Comment monter à la Citadelle sans voiture ?

La ligne de bus Ginko Citadelle part du pôle Chamars et rejoint la Citadelle en moins de dix minutes, tous les jours de mars à début novembre (source : Ginko, vérifié le 17/10/2026). La balade balisée « Au cœur de la boucle » de l’office de tourisme se termine aussi à la Citadelle, à pied.

Existe-t-il un titre qui combine transports et visites ?

Oui : le Besançon PASS Tourisme, valable 24, 48 ou 72 heures, donne accès au réseau Ginko et inclut une entrée à la Citadelle, au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, à la maison natale de Victor Hugo et au musée du Temps (source : Ginko, vérifié le 17/10/2026). Tarifs sur ginko.voyage.

Sources consultées

Horaires, tarifs et conditions d’accès évoluent : vérifiez-les auprès des sites officiels avant de partir. Une erreur ? Signalez-la à la rédaction.