D’où vient une nouvelle idée ?
Souvent d’une petite gêne que j’ai remarquée. Un objet difficile à attraper, quelque chose qui prend trop de place, un détail auquel on s’est habitué. Je commence par regarder ce que l’on fait vraiment, pas seulement ce que l’on dit aimer.
Le dessin arrive-t-il tout de suite ?
Assez vite, mais sous une forme très simple. Quelques lignes servent à poser une question. Ensuite, j’essaie de passer au volume. Une bonne idée doit aussi tenir dans la vraie vie : sur une table, dans une main, au milieu d’autres objets.
Que vous apprend un prototype ?
Il remet les choses à leur place. Sur le papier, on choisit facilement de ne regarder que ce qui fonctionne. Un prototype a moins de diplomatie. Il montre un équilibre maladroit, une dimension peu pratique ou un détail que l’on avait oublié.
Comment réagissez-vous quand il faut recommencer ?
J’essaie de conserver ce que l’essai m’a appris. Recommencer ne signifie pas revenir exactement au point de départ. Même une version que l’on abandonne peut contenir un détail intéressant pour la suite.
Qu’est-ce qui rend un objet personnel ?
Je crois que cela passe par une cohérence, pas nécessairement par un signe très voyant. Une manière de traiter les proportions, de relier les éléments, de donner une place à la couleur. J’aime que l’on sente une intention sans avoir besoin d’un long mode d’emploi.
Quel regard espérez-vous susciter ?
D’abord une envie de s’approcher. Puis, si l’objet est fait pour être utilisé, une envie de l’essayer. Le dessin prend une autre dimension quand quelqu’un se l’approprie. Il cesse d’être seulement une proposition de son auteur.