Qu’aimez-vous dans le début d’une journée de travail ?
Le fait de retrouver des repères tout en sachant que la journée ne sera pas exactement celle d’hier. Il y a une organisation, des habitudes, puis des choses auxquelles il faut être attentive. Cette rencontre entre régularité et observation me plaît beaucoup.
L’expérience rend-elle le travail automatique ?
Elle permet plutôt de mieux remarquer. Au début, on essaie de retenir toutes les étapes. Avec le temps, on comprend davantage ce que l’on regarde. Pour moi, un geste répété mérite chaque jour un regard neuf. Sinon, on finit par ne plus vraiment le voir.
Comment avez-vous appris ?
En posant beaucoup de questions, parfois les mêmes. Et en regardant des personnes dont les gestes semblaient simples. On comprend plus tard tout ce qu’il y a derrière cette simplicité : des essais, des corrections, des années d’attention.
Quelle place prend le collectif ?
Une grande place. On parle facilement du produit fini, mais il y a aussi la manière dont les personnes travaillent ensemble. J’aime savoir à qui m’adresser, pouvoir expliquer une difficulté et écouter un autre point de vue. Cela évite de rester enfermée dans sa propre habitude.
Que cherchez-vous à transmettre lorsqu’une personne découvre le métier ?
Le droit de demander des explications. Quand quelqu’un comprend la raison d’un geste, il peut ensuite progresser avec plus de confiance. Je préfère une question très simple à une étape reproduite sans être comprise.
Et quand vous passez de l’atelier à la table ?
J’aime retrouver le plaisir le plus direct : partager, goûter, écouter ce que les autres remarquent. Chacun arrive avec ses souvenirs et ses préférences. C’est une autre forme de conversation, plus spontanée, qui me rappelle pourquoi tout ce travail a du sens.