ATMO Franche-Comté est un média indépendant, sans lien avec Atmo Bourgogne-Franche-Comté ni avec l’ancienne association de surveillance de la qualité de l’air. Nous ne publions ni mesure, ni bulletin, ni indice du jour. Pour les données officielles et les alertes, consultez atmo-bfc.org.
Une molécule, deux rôles
L’ozone, de formule O3, est formé de trois atomes d’oxygène. Selon un document du Conseil national de l’air publié en octobre 2025, environ 90 % de l’ozone de l’atmosphère se trouve dans la stratosphère, entre 10 et 60 km d’altitude : c’est la couche d’ozone, qui filtre les rayons ultraviolets UV-B et UV-C. Là-haut, l’ozone protège.
Dans la troposphère, la couche d’air où nous vivons, la même molécule devient un polluant. Atmo BFC parle ainsi de « bon » et de « mauvais » ozone : très oxydant, l’ozone que l’on respire est agressif pour les voies respiratoires, les yeux et la végétation.
Un polluant fabriqué par le soleil
L’ozone troposphérique ne sort pas d’un pot d’échappement ou d’une cheminée. C’est un polluant secondaire : il se forme dans l’air, sous l’effet du rayonnement ultraviolet, à partir d’autres polluants dits précurseurs, les oxydes d’azote, émis notamment par les moteurs, et les composés organiques volatils. Plus il fait chaud et ensoleillé, plus la production est forte.
D’où son calendrier. En Bourgogne-Franche-Comté, les épisodes surviennent surtout de fin avril à septembre, par fort ensoleillement et vent faible, avec des maximums en milieu ou en fin d’après-midi. Le Conseil national de l’air rappelle aussi que l’ozone peut persister une vingtaine de jours et voyager loin : une partie de l’ozone respiré en France vient d’autres pays d’Europe, voire d’autres continents. Le réchauffement climatique favorise sa formation. C’est le seul polluant réglementé dont les niveaux ne baissent pas, même si le nombre annuel de jours de dépassement de la valeur cible diminue en France.
Pourquoi la campagne et les hauteurs ne sont pas épargnées
C’est le paradoxe de l’ozone : les concentrations les plus fortes ne se trouvent pas forcément au cœur des villes.
- En ville, l’ozone est en partie détruit. Le monoxyde d’azote émis par le trafic réagit avec lui et le détruit en partie, surtout dans les centres urbains, explique Airparif.
- À la campagne, il persiste. Faute de précurseurs pour le consommer la nuit, les teneurs y restent quasi stationnaires, selon un dossier de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes diffusé par la préfecture du Rhône.
- Il voyage. Atmo BFC indique que les concentrations maximales peuvent être relevées à 50, 100 ou 150 km des zones d’émission, en zone rurale, sous le vent.
- En altitude, le soleil est plus intense. Le même dossier de la DREAL relève que l’intensité des UV augmente avec l’altitude, ce qui explique des concentrations parfois élevées mesurées en montagne en été.
Concrètement, l’air frais d’un plateau du Haut-Doubs ou d’une crête du massif du Jura ne garantit pas d’échapper à un épisode d’ozone. Seules la carte et les prévisions d’Atmo BFC renseignent sur la situation d’un jour donné.
Effets sur la santé et la végétation
Gaz irritant, l’ozone peut provoquer toux, essoufflement et irritations des yeux et des voies respiratoires, et aggraver les crises d’asthme ; jeunes enfants, personnes âgées et personnes fragiles y sont particulièrement sensibles. Le Conseil national de l’air souligne qu’il atteint les voies respiratoires jusqu’aux bronchioles, qu’il est associé à des effets cardiovasculaires et que ses effets sur la santé existent sans seuil, avec une aggravation pendant les vagues de chaleur. Il rend aussi les pollens plus allergisants, un point à garder en tête en fin d’été, saison de l’ambroisie.
La végétation en souffre également : nécroses sur les feuilles, baisse de la photosynthèse, croissance réduite. Pour la France, le même document estime, pour l’année 2020, des pertes de production d’environ 14 % pour le blé tendre et 20 % pour le bois de hêtre. Pour la protection de la végétation, la réglementation suit un indicateur spécifique, l’AOT40, qui cumule, de mai à juillet, l’exposition aux concentrations dépassant 40 ppb pendant les heures de jour.
Information, alerte : comment fonctionnent les procédures
Les épisodes de pollution sont gérés par les préfets. Lorsque les niveaux dépassent ou risquent de dépasser un seuil réglementaire, Atmo BFC prévient les préfectures ; le préfet décide de déclencher une procédure, qu’Atmo BFC diffuse ensuite. Pour l’ozone, deux seuils horaires servent de repères :
- 180 µg/m³ en moyenne sur une heure : seuil d’information et de recommandation. Des messages sanitaires sont relayés, d’abord à destination des personnes sensibles et vulnérables.
- 240 µg/m³ en moyenne sur une heure : seuil d’alerte. Une procédure d’alerte peut aussi être engagée lorsque le premier seuil persiste. Les recommandations visent alors toute la population, et le préfet peut imposer des mesures de réduction des émissions, comme des baisses de vitesse ou de rejets industriels.
Ces seuils ne doivent pas être confondus avec la valeur cible pour la protection de la santé, 120 µg/m³ en moyenne sur huit heures, à ne pas dépasser plus de 25 jours par an en moyenne sur trois ans, ni avec la recommandation de l’OMS, fixée à 100 µg/m³ sur huit heures. Les valeurs de référence sont récapitulées par Atmo BFC.
Ce cadre évolue. La directive européenne 2024/2881 sur la qualité de l’air doit être transposée en droit français : une instruction ministérielle du 31 mars 2026 annonce la révision des seuils d’information et d’alerte, et un projet d’arrêté soumis à consultation en 2026 prévoit de modifier les procédures préfectorales. Avant de vous fier à un chiffre, vérifiez les informations à jour sur le site d’Atmo BFC et celui de votre préfecture.
Adapter sa randonnée ou sa sortie à vélo
Un épisode d’ozone n’oblige pas à renoncer au plein air. Les recommandations du ministère chargé de la santé, fixées par arrêté, aident à s’organiser :
- Consulter la veille l’indice et les éventuelles alertes pour la commune de départ, sur atmo-bfc.org ou dans l’application Air to Go.
- Partir tôt. L’ozone culmine en milieu et en fin d’après-midi : les jours d’épisode, une montée au Ballon d’Alsace ou une longue boucle à vélo se prévoient de préférence le matin.
- Doser l’effort. Au seuil d’information, la population générale n’a pas besoin de modifier ses activités ; au seuil d’alerte, il est conseillé de réduire les efforts intenses. Les adultes vulnérables ou sensibles, notamment les femmes enceintes, les plus de 65 ans et les personnes souffrant de pathologies cardiaques ou respiratoires, sont invités à limiter les efforts intenses dès le seuil d’information et à les éviter au seuil d’alerte. Une activité modérée reste possible. Des consignes spécifiques existent pour les nourrissons, les enfants et les adolescents.
- Garder la perspective. Le ministère rappelle que le bénéfice d’une activité physique régulière reste supérieur au risque, même pendant un épisode.
- Écouter les signaux. En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, prenez conseil auprès d’un professionnel de santé.
Pour d’autres idées de sorties, voir la rubrique Explorer ; pour lire la couleur du jour, notre page Comprendre l’indice ATMO ; et pour savoir où trouver les données officielles, notre guide des sources.
Sources consultées
- Atmo BFC — Polluants : l’ozone — consulté le 17 octobre 2026
- Atmo BFC — Épisodes de pollution — consulté le 17 octobre 2026
- Atmo BFC — Alertes pollutions — consulté le 17 octobre 2026
- Atmo BFC — Valeurs de référence — consulté le 17 octobre 2026
- Conseil national de l’air / ministère — L’ozone et ses impacts (octobre 2025, PDF) — consulté le 17 octobre 2026
- Airparif — Dossier ozone (juillet 2022, PDF) — consulté le 17 octobre 2026
- DREAL Auvergne-Rhône-Alpes / préfecture du Rhône — Dossier de communication Qualité de l’air, pollution à l’ozone (juin 2021, PDF) — consulté le 17 octobre 2026
- OFEV (Suisse) — Le smog estival et l’ozone : fondamentaux (PDF) — consulté le 17 octobre 2026
- Santé.fr — Recommandations en cas d’épisode de pollution — consulté le 17 octobre 2026
- AIDA/Ineris — Instruction du 31 mars 2026 relative aux plans d’action préventifs et à la révision des seuils d’information et d’alerte (directive 2024/2881) — consulté le 17 octobre 2026
- Ministère — Projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 7 avril 2016 (consultation 2026, PDF) — consulté le 17 octobre 2026
- AIDA/Ineris — Instruction du 31/03/26 (fiche détaillée) — consulté le 17 octobre 2026