Surveillance de la qualité de l'air
Franche-Comté

Campagne 2017 de surveillance de l'ambroisie

L’ambroisie à feuilles d’armoise est une espèce envahissante originaire d'Amérique du Nord,  dont les pollens présentent un fort potentiel allergisant. Déjà très présente dans la région Rhône-Alpes, elle s’étend aujourd’hui aux autres départements et régions frontalières. Pour cette raison, après plusieurs éditions en 2008, 2012 et 2015, la campagne de surveillance spécifique en Franche-Comté est renouvelée en 2016.

 

Qu’est-ce que l’ambroisie ?

Originaire d’Amérique du Nord, l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L) est une plante herbacée annuelle, mesurant entre 30 et 120 cm de haut. Adoptant un port de buisson, elle possède une inflorescence constituée de petites fleurs verdâtres. Ses feuilles, d’un vert vif, sont divisées jusqu’à la nervure centrale. Sa tige est poilue et robuste, très ramifiée et rougeâtre. 

 

Les signes distinctifs de l'ambroisie

Les signes distinctifs de l’ambroisie

 

Où trouver l’ambroisie ?

L’ambroisie se développe sous une exposition directe au soleil. Elle proliférera donc mieux sur une terre dénudée, retournée ou transportée :

  • terrains résidentiels privés, espaces verts ;
  • terrains agricoles ;
  • terrains délaissés, friches ;
  • chantiers de travaux publics, gravières ;
  • voies de communication, talus routiers et ferroviaires ;
  • rives et grèves des rivières ;
  • parcs et aires de jeux (plus rare)…

 

Actuellement, son aire de prédilection est la grande région lyonnaise et la vallée du Rhône. Elle s’étend toutefois largement au nord de Lyon (Bourgogne, Jura) et dans le sud (Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur). Sa présence commence également à être de plus en plus signalée dans les régions Midi-Pyrénées, Poitou- Charentes et Auvergne.

 

 Carte ambroisie_2015

Carte de l’ambroisie en France métropolitaine en 2015 (Comité parlementaire de suivi du risque ambroisie)

 

Son expansion est due à l’activité humaine : développement urbain (apport de matériaux), évolution des pratiques agricoles (mise en place de jachère obligatoire, transport de terre…).

 

En Franche-Comté, hormis quelques sites montagnards aux environs de Saint-Claude dans le sud du Jura, l’ambroisie est pour l’heure davantage présente en plaine. Ses populations les plus étoffées se rencontrent dans la basse vallée du Doubs, à partir de Dole et en Bresse jurassienne. L’espèce a été observée sporadiquement dans le sud du Jura entre les vallées de l’Ain et de la Bienne, dans la forêt de Chaux, dans la moyenne vallée du Doubs bisontine et dans le pays de Montbéliard. La quasi-absence de données en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort est certainement liée à la rareté de l’ambroisie dans ces départements, à une carence en observateurs et à une implantation pour l’instant restreinte aux jardins privés (Source Conservatoire Botanique de Franche-Comté).

 

Sites d'implantation des ambroisies_2016

Carte de l’ambroisie en Franche-Comté en 2016 (Conservatoire Botanique de Franche-Comté)

 

Pourquoi lutter contre l’ambroisie ?

Au moment de sa floraison (entre août et septembre), un pied d’ambroisie de taille moyenne peut libérer plusieurs millions de grains de pollen en une seule journée. Grâce à sa taille et à sa faible densité, ce pollen peut rester en suspension dans l’atmosphère et être facilement transporté par le vent sur de très grandes distances.

 

Dans les zones infestées par l’ambroisie, 6 à 12% de la population est allergique au pollen de cette espèce. Celui-ci, plus allergisant que celui des graminées, est responsable de réactions importantes, qui se déclenchent dès que le taux de 5 grains par mètre cube d’air est franchi. Les principales manifestations cliniques observées sont des rhinites, conjonctivites, trachéites, avec dans 50% des cas l’apparition de l’asthme ou son aggravation.

 

L’ambroisie présente également un danger pour la biodiversité. C’est en effet une plante invasive, qui entraîne la disparition de certaines espèces. Très envahissante dans les cultures agricoles, elle engendre une diminution des rendements. Elle possède de plus une très grande capacité d’adaptation à des milieux écologiquement différents. Enfin, elle est très résistante aux désherbants, ce qui a favorisé sa sélection par rapport à d’autres plantes moins résistantes, éliminées suite à l’usage intensif d’herbicides.

 

La campagne de surveillance 2017 en Franche-Comté

Véritable problème de santé publique, mais également au niveau agricole, l’ambroisie fait l’objet de campagnes de surveillance accrues. Ainsi, ATMO Franche-Comté, en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé (ARS), le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) et le Réseau d’Allergologie Franc-comTois (RAFT), est en charge du suivi des pollens d'ambroisie dans l'atmosphère. Après 2008, 2012, 2015, et 2016, une nouvelle campagne est conduite en 2017 pour la troisième anne consécutive. En Bourgogne-Franche-Comté, cette surveillance mobilise 8 capteurs polliniques , en service depuis le début du mois d'août : les quatres capteurs franc comtois déjà mobilisés les années passées, implantés à Besançon, Bart (à proximité de Montbéliard), ainsi que Dole et  Bletterans, dans le Jura ; ainsi que les 4 capteurs bourguignons de Nevers, Mâcon, Chalon-sur-Saône et Dijon. Ces appareils fonctionneront jusqu’à la fin du mois de septembre, période de fin de floraison de l’ambroisie.

 Carte d'implantation des sites de mesures en BFC

 

Carte d’implantation des capteurs polliniques mobilisés dans la campagne de surveillance de l’ambroisie en 2017

 

Cette campagne de suivi permettra de :

  • mettre en place un dispositif « d’alerte », afin d’avertir les personnes concernées du dépassement de seuils critiques ;
  • étudier la progression annuelle du nombre de grains sur les sites précédemment équipés ;
  • étudier l’écart et l’évolution de ce chiffre entre les sites du Sud et du Nord Franche-Comté ; 
  • analyser les différences entre les secteurs impactés et les zones pour l’heure moins marquées par la présence de foyers d’ambroisie ; 
  • établir la distinction entre les grains d’origine locale et les grains issus du transport plus global de grande échelle, puisque ce pollen, très aérodynamique, peut être transporté sur de longues distances.

 

Les signes distinctifs du pollens d'ambroisie

Les signes distinctifs du pollen d’ambroisie

 

Suivez les résultats de la campagne

Retrouvez ci-dessous le suivi des pollens d'ambroisie relevés sur les 8 capteurs de la région, actualisé toutes les semaines :

 

Evolution du nombre de grain d'ambroisie

 

Téléchargez le dernier bulletin hebdomadaire consacré à l'ambroisie pour connaître le risque allergo-pollinique

 

(L'intégralité des bulletins diffusés est disponible sur demande)

 

 

Que faire pour lutter contre l’ambroisie ?

La lutte contre l’ambroisie fait l’objet d’arrêtés préfectoraux dans les départements du Jura, de la Haute-Saône, du Territoire de Belfort et du Doubs. Ces arrêtés rendent obligatoire l’élimination de l’ambroisie par le propriétaire du terrain touché. Chacun est donc concerné, qu’il s’agisse de l’Etat, des collectivités, des gestionnaires d’axes routiers ou ferroviaires, du milieu agricole, ou encore des particuliers… 

 

Pour éliminer cette plante, il est conseillé de privilégier les méthodes non chimiques : arrachage manuel, fauchage, tonte, désherbage thermique. Les herbicides ne doivent être utilisés qu'en l’absence d’autres solutions. L’élimination de l’ambroisie doit intervenir avant la pollinisation, pour éviter les émissions de pollen et l’impact sur les populations ; et impérativement avant le début de la grenaison, afin d’empêcher la constitution d’un stock de graines dans les sols, soit au plus tard avant le 15 août. 

 

 

 

 

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